Une province sous plusieurs urgences
Le Nord-Kivu traverse une période où plusieurs crises se superposent dangereusement.
Alors que la population continue de porter les séquelles d’années d’insécurité, voilà qu’une nouvelle menace sanitaire vient raviver les inquiétudes collectives. La résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, replace brutalement la santé publique au centre des préoccupations d’une province déjà fragilisée.
Ce numéro de **TIC-TAC HEBDO** en témoigne clairement.
D’un côté, les autorités sanitaires et administratives multiplient les mesures d’urgence : suspension des transports entre Goma et Butembo, renforcement des contrôles frontaliers, campagnes de sensibilisation communautaire et mobilisation des leaders religieux.
De l’autre, la situation sécuritaire reste profondément préoccupante.
Dans le Grand Nord, les attaques attribuées aux ADF continuent de faire des victimes civiles, pendant que les populations attendent toujours une réponse sécuritaire durable capable de restaurer pleinement la confiance.
À ces urgences sanitaire et sécuritaire s’ajoutent des interrogations persistantes sur la gouvernance publique.
La polémique suscitée par les révélations autour des dépenses publiques engagées pour certaines missions officielles rappelle combien la question de la gestion rigoureuse des ressources nationales reste centrale dans un pays confronté à tant de besoins sociaux.
Pendant ce temps, sur le terrain, des initiatives locales tentent malgré tout de maintenir une dynamique de résilience.
Des communautés s’organisent. Des cadres locaux prennent des engagements. Des organisations citoyennes sensibilisent. Des acteurs sociaux tentent de préserver le lien collectif.
Mais une province ne peut durablement survivre uniquement par la résilience de ses habitants.
Elle a besoin de sécurité.
Elle a besoin de santé publique efficace.
Elle a besoin de gouvernance crédible.
Elle a besoin d’une vision claire.
Dans les moments de crise, la responsabilité des institutions se mesure moins aux discours qu’à leur capacité réelle à protéger les populations.
Le Nord-Kivu mérite davantage qu’une gestion permanente de l’urgence.
Il mérite des réponses durables.
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