Goma, 25 août 2026 — L’AFC/M23 rejette les accusations du gouvernement congolais lui imputant la mort de plus de 300 civils dans des zones sous son contrôle au Nord et au Sud-Kivu au cours des mois de juin et juillet 2026. Le mouvement exige que Kinshasa fournisse des preuves permettant d’étayer ces accusations.
La réaction a notamment été exprimée par Kambere Muyisa Lumumba, porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu sous administration de l’AFC/M23, qui conteste les chiffres avancés par les autorités congolaises.
Selon lui, des accusations d’une telle gravité devraient être accompagnées d’éléments vérifiables permettant d’établir les circonstances, les lieux et les responsabilités dans les décès rapportés.
L’AFC/M23 considère ainsi que les données avancées par le gouvernement congolais ne correspondent pas à la réalité telle qu’elle est observée dans les territoires placés sous son administration.
Kinshasa accuse, l’AFC/M23 demande des preuves
Le gouvernement congolais fait état de plus de 300 civils tués en juin et juillet 2026 dans des zones contrôlées par l’AFC/M23 au Nord et au Sud-Kivu.
Ces accusations interviennent dans un contexte où Kinshasa et l’AFC/M23 se rejettent régulièrement la responsabilité de violations commises contre les populations civiles depuis la reprise de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.
L’établissement d’un bilan indépendant demeure particulièrement sensible dans les zones de conflit, où l’accès aux sites concernés, l’identification des victimes et la détermination des responsabilités peuvent être difficiles.
Dans ce contexte, les affirmations des différentes parties nécessitent d’être confrontées aux constatations de mécanismes indépendants et aux résultats d’éventuelles enquêtes.
Des combats signalés à Masisi malgré les engagements de cessez-le-feu
Cette nouvelle controverse intervient alors que la situation sécuritaire demeure tendue dans certaines parties du Nord-Kivu.
Des affrontements ont notamment été signalés tôt dans la matinée de ce mardi 25 août dans le territoire de Masisi, opposant les FARDC et leurs alliés Wazalendo aux forces de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), branche armée de l’AFC/M23.
La poursuite de ces hostilités intervient alors que les différentes parties sont engagées dans des initiatives diplomatiques visant à faire respecter le cessez-le-feu et à créer les conditions d’une désescalade.
Le mécanisme de vérification attendu sur le terrain
Dans le même temps, la mise en œuvre du mécanisme de vérification prévu dans le cadre du processus de Doha entre dans une phase opérationnelle.
Une première délégation chargée de la vérification est arrivée lundi 24 août à Minembwe, dans le Sud-Kivu, avec pour mission d’évaluer sur le terrain le respect des engagements liés au cessez-le-feu.
Cette étape intervient après les récentes discussions consacrées à l’évaluation du processus de Doha et à la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement congolais et l’AFC/M23.
La présence d’un mécanisme de vérification pourrait devenir déterminante dans un contexte où les deux camps présentent régulièrement des versions contradictoires des incidents sécuritaires.
Au-delà de la controverse autour du bilan des victimes, l’établissement indépendant des faits apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux du processus en cours. Il pourrait permettre de documenter les violations du cessez-le-feu, mais également de distinguer les accusations politiques des faits pouvant être établis sur le terrain.
Pour les populations du Nord et du Sud-Kivu, la priorité demeure cependant la cessation effective des hostilités et la protection des civils, alors que la persistance de combats continue de fragiliser les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin au conflit.
Anselme Syangoma
TIC-TAC HEBDO
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