Depuis plusieurs semaines, des tensions internes secouent le regroupement politique AFDC-A, où une frange des parlementaires conteste désormais le leadership de Modeste Bahati Lukwebo. Ce dernier est notamment accusé par ses détracteurs de ne plus respecter certaines règles de fonctionnement de l'Union sacrée de la Nation, la plateforme politique soutenant le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Face aux nombreuses informations circulant sur les réseaux sociaux et aux communiqués annonçant notamment sa radiation du regroupement, Otto Bahizi, président du comité de crise de l'AFDC-A, a tenu à rétablir sa version des faits.
Selon lui, aucune crise institutionnelle ne menace actuellement le regroupement politique et les documents diffusés sur les réseaux sociaux ne seraient qu'une tentative de déstabilisation orchestrée par des acteurs politiques en perte d'influence.
« Nous sommes victimes d'une campagne de diabolisation et d'acharnement menée par des personnes en mal de positionnement politique. Leur objectif est de salir notre réputation et de créer la confusion au sein d'un regroupement qui demeure fidèle à la vision du Chef de l'État », a-t-il déclaré.
Otto Bahizi estime que les manœuvres observées ces derniers jours ne réussiront pas à fragiliser ce qu'il considère comme l'une des principales forces politiques de la majorité présidentielle. Il affirme par ailleurs être convaincu que l'ancien président du regroupement, Modeste Bahati Lukwebo, serait derrière ces initiatives destinées à semer le trouble au sein de l'AFDC-A.
« Je reste surpris qu'un homme d'État puisse tomber aussi bas. Mais malgré ces attaques, nous restons concentrés sur nos objectifs politiques et sur notre engagement aux côtés du Président de la République », a-t-il ajouté.
Le président du comité de crise annonce également qu'une importante sortie publique sera organisée dans les prochains jours avec les membres du comité dirigeant afin d'éclairer davantage l'opinion sur la situation interne du regroupement et sur les perspectives politiques à venir.
### Révision constitutionnelle : Otto Bahizi favorable au débat
Interrogé sur la question sensible de la révision de la Constitution, Otto Bahizi estime qu'il n'existe aucun tabou autour de cette problématique.
Pour lui, la Constitution de la République démocratique du Congo prévoit elle-même les mécanismes permettant sa modification à travers la voie référendaire lorsque les circonstances l'exigent.
« La décision appartient au peuple congolais. La Constitution prévoit les modalités de son propre changement. Je ne suis pas favorable à la prolongation d'un quelconque mandat, mais je soutiens toutes les initiatives susceptibles de permettre aux Congolais de vivre dans la paix, la sécurité et la stabilité », a-t-il expliqué.
L'homme politique rejette également les inquiétudes exprimées par certains opposants qui redoutent qu'un éventuel changement de la Constitution ne conduise à une balkanisation ou à une déstabilisation du pays.
Selon lui, la République démocratique du Congo restera une et indivisible quelles que soient les réformes institutionnelles qui pourraient être engagées dans le respect des procédures légales.
### La sécurité au cœur des préoccupations
Abordant la situation sécuritaire dans l'Est du pays, Otto Bahizi estime que les difficultés actuelles trouvent leur origine dans les faiblesses structurelles qui ont longtemps affecté les forces de défense et de sécurité.
Il considère que le manque d'organisation et les dysfonctionnements observés pendant plusieurs années au sein de l'armée ont contribué à l'aggravation de l'insécurité, favorisant l'occupation de certaines parties du territoire national par des groupes armés ainsi que la poursuite des attaques des ADF dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Pour lui, la restauration durable de la paix passera nécessairement par des réformes profondes des institutions sécuritaires et par une meilleure gouvernance de l'appareil de défense.
Enfin, Otto Bahizi réaffirme que son engagement politique reste guidé avant tout par la vision portée par le Chef de l'État plutôt que par les intérêts individuels ou les ambitions personnelles.
« La vision est plus importante que le mandat », conclut-il.
**Josué Bulonfu et Guellord Risasi**
*Pour le compte de TIC TAC HEBDO*
Source : Publication Facebook TIC-TAC HEBDO — TIC-TAC HEBDO | Rédaction
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