Goma, 15 octobre 2026 — Le poète Guillaume Bukasa est décédé ce jeudi à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. L’Académie Kivu Art (UJADP-AKA), où il était directeur culturel, a annoncé sa mort survenue à l’hôpital Charité Maternelle, après trois jours d’hospitalisation, des suites d’une courte maladie. Il avait 67 ans.
Dans son communiqué repris par l’Agence congolaise de presse (ACP), l’académie parle de « l’un de ses plus grands piliers » et souligne qu’à travers sa plume, son talent et son engagement, Guillaume Bukasa a marqué le monde de la poésie et de la culture. Les informations sur les funérailles, précise-t-elle, seront communiquées ultérieurement.
Celui qu’on appelait affectueusement « Maestro » — griot, écrivain, formateur — a longtemps porté la poésie à Goma et dans la sous-région des Grands Lacs. Il a présidé le Collectif des écrivains du Nord-Kivu et a été présenté comme président de l’Union nationale des écrivains du Nord-Kivu. Son rôle de mentor auprès de jeunes auteurs revient dans presque tous les hommages publics de la journée.
L’écrivaine Bybyley Salama a salué « une immense perte pour le monde de l’écriture de Goma », rappelant qu’elle devait le voir le jour même : « Tes mots continueront de vivre en nous », a-t-elle écrit, dans un message relayé par l’ACP.
Humanités littéraires au collège Alfajiri à Bukavu, formation en lettres achevée vers 1996, enseignement aussi à Kigali : le parcours de Bukasa a croisé plusieurs villes, mais c’est à Goma que son nom s’est ancré dans la vie littéraire locale. En 2002, il a reçu un prix de la BBC pour le poème Train de la démocratie et un prix de l’Université de Liège pour Fleur d’amour, fleuve de guerre. Parmi ses titres cités figurent Cette nuit, la victoire (1998), Des mots pour dire la paix au Kivu, La tribu où je suis femme, Notre terre, la vengeance n’aura pas lieu, De la haine naîtra l’amour et Les poèmes qu’ils m’ont interdits d’écrire.
Le 3 octobre encore, il animait à Goma un café littéraire autour de l’ouvrage Nos souvenirs de la vie au Kivu, de Pascal Bauma — un dernier geste public d’accompagnement des livres et des auteurs, à douze jours de sa disparition.
Au-delà des faits. À Goma, des talents s’effacent de jour en jour — par la maladie, l’exil, l’insécurité ou le silence des scènes culturelles. Guillaume Bukasa ne laisse pas seulement des recueils : il laisse des personnes qu’il a initiées à la littérature, des ateliers, des collectifs, des voix qu’il a poussées à écrire. La question ouverte, pour la ville, n’est pas seulement celle des obsèques : c’est qui reprend, concrètement, le travail d’initiation qu’il menait auprès des jeunes plumes du Nord-Kivu.
KIBANDO PAULIN
TIC-TAC HEBDO — Au-delà des faits
Sources (recoupement) : communiqué Académie Kivu Art (UJADP-AKA) via ACP ; Actualite.cd ; Grands Lacs News — 15 octobre 2026.
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