Kinshasa, 29 août 2026 — Le processus de dialogue national annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ne débutera pas à Kinshasa. Il commencera par des forums organisés dans les provinces avant une phase nationale dans la capitale congolaise.
Le Chef de l’État en a précisé l’architecture dans son message à la nation du jeudi 27 août 2026, au cours duquel il a annoncé l’ouverture d’un processus destiné, selon lui, à favoriser la cohésion nationale et à permettre aux différentes composantes de la société congolaise de contribuer aux discussions sur les grands enjeux du pays.
Contrairement à un dialogue organisé directement dans la capitale autour des seuls responsables politiques nationaux, le schéma présenté prévoit donc une démarche progressive, partant de la base vers le niveau national.
La première étape sera constituée de forums organisés dans les différents chefs-lieux provinciaux.
Ces rencontres devront permettre de recueillir les préoccupations, propositions et recommandations provenant des différentes parties du pays avant leur consolidation au niveau national.
Selon le dispositif présenté par le Chef de l’État, plusieurs catégories d’acteurs seront appelées à participer à ces échanges : populations locales, autorités provinciales et territoriales, députés nationaux et sénateurs issus des provinces concernées, représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, ainsi que les partis et regroupements politiques.
La majorité comme l’opposition sont appelées à prendre part au processus.
La société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses ainsi que les représentants des milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques figurent également parmi les composantes annoncées.
L’objectif affiché est de permettre aux réalités propres à chaque province d’être prises en considération avant l’étape nationale.
Ce n’est qu’après cette séquence provinciale que Kinshasa accueillera la phase nationale du processus.
La capitale constituera ainsi le lieu de convergence des conclusions issues des différents forums provinciaux plutôt que le point de départ des discussions.
Les contributions recueillies à travers le pays devraient y être examinées et consolidées afin de dégager les orientations et conclusions du processus.
Cette architecture constitue l’un des éléments importants de l’annonce présidentielle : elle entend donner une dimension territoriale au dialogue en faisant précéder les discussions nationales par l’expression des différentes provinces.
Si la Présidence présente cette démarche comme un moyen de renforcer la cohésion nationale, sa mise en œuvre constituera désormais l’étape déterminante.
Plusieurs questions restent notamment liées aux modalités pratiques d’organisation des forums provinciaux, à la représentation effective des différentes sensibilités politiques et sociales ainsi qu’aux mécanismes qui permettront de sélectionner et de consolider les recommandations provenant des provinces.
La participation des forces politiques ayant exprimé des réserves ou leur opposition au processus constituera également un élément important pour apprécier son niveau d’inclusivité.
Le véritable enjeu sera donc de savoir dans quelle mesure les forums annoncés permettront aux différentes composantes de la société congolaise de participer effectivement aux discussions et de voir leurs préoccupations prises en compte lors de la phase finale à Kinshasa.
Une chose ressort néanmoins du schéma présenté par le Chef de l’État : le dialogue annoncé ne commencera pas à Kinshasa. Il devra d’abord passer par les provinces avant de converger vers la capitale pour sa conclusion nationale.
Anselme Syangoma
TIC-TAC HEBDO
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