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Sécurité

KKS Singoma Mwanza : plus de 2 millions USD disponibles, mais un vide opérationnel

Goma — Le programme KKS, à travers l’initiative Singoma Mwanza, se retrouve aujourd’hui face à un paradoxe majeur : les financements existent, mais leur accessibilité est fortement compromise.

KKS Singoma Mwanza : plus de 2 millions USD disponibles, mais un vide opérationnel

Goma — Le programme KKS, à travers l’initiative Singoma Mwanza, se retrouve aujourd’hui face à un paradoxe majeur : les financements existent, mais leur accessibilité est fortement compromise.

Alors que plus de 2 millions de dollars américains ont déjà été mobilisés pour soutenir les projets entrepreneuriaux, le retrait des banques et institutions financières de Goma et Bukavu, lié au contexte sécuritaire, a créé un vide dans la gestion et la distribution de ces fonds.

Un programme déjà financé mais interrompu dans son fonctionnement

Depuis sa mise en œuvre, KKS a permis de financer et d’accompagner plusieurs dizaines de projets locaux, dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la transformation, le commerce et les services.

L’un des éléments les plus marquants de ce programme résidait dans ses conditions d’accès au financement particulièrement adaptées aux réalités locales. Les bénéficiaires pouvaient accéder aux fonds sans exigence de garanties classiques, avec des taux d’intérêt compris entre 0,5 % et 1,75 % par mois, en mode dégressif.

Ces conditions ont permis à de nombreux porteurs de projets, souvent exclus du système bancaire traditionnel, de lancer et développer leurs activités.

Des projets en attente faute d’interlocuteurs

Aujourd’hui, le principal défi réside dans l’absence des institutions financières qui assuraient la gestion des fonds. Suite à leur retrait de certaines zones, notamment Goma et Bukavu, les bénéficiaires se retrouvent sans encadrement ni canal d’accès aux financements.

Plusieurs porteurs de projets, pourtant éligibles ou déjà engagés dans le processus, ne savent plus à qui s’adresser pour :

finaliser leurs dossiers,

accéder aux fonds,

ou bénéficier du suivi nécessaire.

Cette rupture intervient alors même que les mécanismes étaient conçus pour être inclusifs et accessibles.

Un blocage qui freine la dynamique entrepreneuriale

Cette situation met en difficulté plusieurs initiatives en cours, certaines étant à l’arrêt ou en ralentissement faute d’accès aux financements complémentaires.

Au-delà des projets individuels, c’est toute une dynamique économique locale qui se trouve impactée. Des activités génératrices de revenus sont aujourd’hui fragilisées alors qu’elles constituaient un levier concret de développement.

Les incubateurs locaux, une alternative stratégique

Face à ce vide opérationnel, plusieurs regards se tournent désormais vers les incubateurs et structures d’accompagnement présents dans la région.

Des organisations telles que Kivu Entrepreneurs disposent déjà de l’expertise nécessaire pour :

accompagner les porteurs de projets,

structurer les dossiers de financement,

et assurer un suivi rigoureux des fonds.

Dans un contexte où les banques sont absentes, ces structures pourraient jouer un rôle clé dans la continuité du programme.

L’économie ne peut attendre la stabilité politique

Plusieurs observateurs estiment que les dynamiques économiques locales ne devraient pas être suspendues aux évolutions politiques ou sécuritaires.

Les projets entrepreneuriaux, qui constituent un levier direct de survie et de développement, nécessitent une continuité dans leur financement, surtout lorsque des mécanismes accessibles — sans garantie et à faible taux — ont déjà prouvé leur efficacité.

Des acteurs économiques toujours présents sur le terrain

Malgré le retrait de certaines institutions financières, d’autres acteurs économiques continuent d’opérer dans les zones concernées.

C’est notamment le cas de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), qui reste active dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 et continue de structurer l’activité économique locale.

Cette présence démontre que l’économie réelle reste dynamique et que les bases d’une relance existent.

Vers une relance adaptée au contexte local

La relance du programme KKS passe désormais par une adaptation aux réalités du terrain. Il ne s’agit plus de mobiliser les fonds — ils existent — mais de rétablir leur accessibilité.

L’implication des incubateurs, en collaboration avec les acteurs économiques locaux, pourrait permettre de :

reconnecter les bénéficiaires aux financements,

sécuriser les projets existants,

et élargir l’accès à de nouveaux porteurs d’initiatives.

Un enjeu stratégique pour l’économie locale

Au-delà du programme KKS, cette situation met en évidence un défi majeur : garantir l’accès effectif au financement dans un environnement instable.

L’avenir de nombreux projets dépend aujourd’hui de la capacité à mettre en place des solutions locales adaptées, capables de faire le lien entre les ressources disponibles et les entrepreneurs.

Par la rédaction TIC-TAC HEBDO

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